Ectot (Esquetot Super Banna) est fort ancien puisqu'il appartenait à l'Abbaye de Fontenelle avant l'invasion normande, c'est à dire au IXème  et avait dès lors une église.

L'origine de son nom est complexe et viendrait du scandinave topt : village, précédé de eski, voulant dire frêne.

Quant à Baons, il viendrait du germanique ban : tribunal. Placé après "lès", qui indique la proximité, il révèle le voisinage de la vieille vicomté des Baons-le-Comte qui tenait cour royale et bans de justice, assortis du pilori et de la potence.

L'abbé Saas, dans un pouillé (relevé manuscrit de bénéfices ecclésiastiques) de 1738, reconnaît trois orthographes

  • Ectot
  • Hectot
  • Equetot-sur-les-Bancs

Au IXème siècle, la paroisse est ravagée par les Vikings puis rétablie par les Ducs de Normandie après le traité de Saint-Clair-Sur-Epte.

Plus tard, après le rattachement du duché au royaume de France, Philippe Auguste donne en 1222, à Thibaud de Chartres son échanson (officier de la cour chargé de verser à boire au roi), 50 livrées de terre situées à Ectot. On appelait à l'époque livrée la surface de terre exploitable pouvant rapporter une livre de rente par an.

En Avril 1225, ce même Thibaud de Chartres acquiert du roi Louis VIII, moyennant une rente annuelle de 50 livres tournois, la terre labourable, le bois, le moulin, les revenus et droits seignauriaux que ce prince possède à Ectot, Criquetot et Veillettes. (voir géographie du département de la Seine-Inférieure, de J. Bunel et A. Tougard)

 

Déjà attesté en 1225... le moulin d'Ectot, qui est dessiné sur le cadastre de 1827, et qui figure sur plusieurs cartes postales du début du siècle, fut abattu vers 1917. Moulin de charpente en bois, de plan carré, à toit en bâtière. La structure et le décor de son pignon débordant pouvaient le dater au moins du 16e siècle

 

En 1836 le recensement fait état de 567 habitants. Depuis cette date, à quelques exceptions près, sa population n'a fait que décroître jusqu'au lendemain de la seconde guerre mondiale..

Entre 1876 et 1881, la commune perd presque 100 habitants passant de 458 à 359.

En 1921, la population n'est plus que de 296 habitants. Elle continue de chuter jusqu'en 1968 (232 habitants) avant d'amorcer une remontée au cours des années 1970, lors de la construction d'une trentaine de pavillons H.L.M. (355 habitants en 1982).

A nouveau la population stagne au moment du projet autoroutier, aucune construction nouvelle n'étant signalée au cours de cette période.

Puis l'intégration de l'autoroute se faisant, les projets de constructions nouvelles repartent et le recensement de 1999 donne 383 habitants.

 

Depuis 1992, le tableau qui orne la salle de réunions de la mairie, donne la liste des maires depuis la révolution française. Le travail de recherche effectué par M. René Lecouffle, nous permet d'en dresser la liste

1790
Lasnon
1790
Dubuc Jacques
1792
Langlois
1794
Poret
1795
Lasnon Jean
1795
Langlois
1798
Corroyer
1801
Lecouroyer
1807
Lasnon Jean
1816
Lemelle Jacques
1826
Viard Pierre
1827
Bruno Louis
1830
Lemelle Jacques
1834
Carpentier André
1835
Varin Jean
1842
Yzet Pierre
1843
Bruno Louis
1848
Fessard Hippolyte
1871
Leblic Gustave
1876
Cabot Armand
1896
Leblic Gustave
1901
Cabot Armand
1903
Leblic Henri
1936
Leblic Henri fils
1945
Trubert Maurice
1945
Lebourg Jules
1945
Auvage Emile
1965
Bouteiller Charles
1980
Lecoufle René
1999
Duramé Claude
2001
Comont Philippe
2014
Bouteiller Claude

 

 

 

 

 

Juin 1910 : un Leblic au meeting aérien du Madrillet.

Moins de 10 ans après les premiers essais de vols des engins à moteurs des frères Wrignt aux Etats-Unis en 1903, Emile Leblic frère cadet d'Henri le maire d'Ectot construisit de ses propres mains un biplan d'une envergure de 8.6 m pesant à vide 300 Kg. Ingénieur des mines, Emile Leblic qui fut le créateur de la CNA (Compagnie Normande d'Autobus) tenait un garage rue Carnot à Yvetot, devenu garage Simca, aujourd'hui disparu. Et c'est, dans la "plaine" de son frère à Ectot qu'Emile donnait libre cours à sa passion.

Un an après la traversée de la Manche par Louis Blériot le 25 juillet 1909, la ville de Rouen organisa l'un des premiers meetings aériens du monde. L'Italien Cattaneo y remporta le concours de vitesse sur 9 Km en 7 minutes et 20 secondes, (près de 75 Km/h) Morane monta le plus haut (434 m) et Emile Leblic sur son biplan participa également à des démonstrations de vol. Epoque héroïque!

 

 

Le moulin.

Dans l'antiquité, pour écraser le blé on a d'abord utilisé le pilon et le mortier, puis le moulin à bras dont la meule était tournée par des esclaves ou par des animaux. Ce sont les Arabes qui ont apprivoisé l'énergie du vent et dès 650 ils se servaient de moulins à vent. Les Croisés, au XIe siècle rapportèrent cette invention en Occident. Dès lors, un peu partout en France, les moulins se dressèrent en haut d'une colline ou sur un plateau battu par les vents.

L'existence du moulin d'Ectot apparaît dans l'acquissition des terres de ce lieu par Thibaud de Chartres en 1225. Il était situé sur l'actuelle propriété de M. Philippes Soudet, 40, rue du Moulin.

Comme nous le montrent différents dessins et cartes postales, c'était un moulin en bois sur pivot : le moulin entier tournait, ce qui permettait d'orienter convenablement l'ensemble.

Le moulin a vaillamment rempli sa tâche durant plusieurs siècles. Pour un bon rendement le vent doit souffler entre 18 et 30 Km/h, ainsi le moulin ne pouvait fonctionner qu'un tier de l'année environ. cet inconvénient explique le triomphe de la machine à vapeur.

Il fut démoli vers 1923

 

Nos cousins des pays lointains

La famille CHARTRAND, originaire d'Ectot,

Thomas CHERTEN (ou CHARTON), fils de Louis CHERTEN (ou CHARTON) et d'Hermine QUEVAL, tous deux d'Ectot les Baons, a émigé au Canada entre les années 1663 et 1665. Après avoir été domestique chez un certain Gilbert BARBIER à Montréal, Thomas épouse en 1669 Thècle HUNAULT qui n'a que 13 ans.

De cette union, naissent deux garçons. Seul l'ainé Thomas survivra.

Thècle meurt en 1674. En avril 1679, Thomas CHERTEN se remarie avec Jeanne MATOU. De ce second mariage, naîtront 8 enfants : 4 garçons, dont Thomas du premier mariage vont transmettre le nom de CHARTRAND. Leurs descendants sont partout en Amérique du Nord, principalement dans la région de Montréal mais aussi dans la vallée de l'Outaouais et le Nord ontarien.

D'autres sont établis dans la région de Saint Louis-Missouri aux U.S.A.

Certains sont sculpteur, peintre, cinéaste, astronome, comédien, chanteuse lyrique (Linda Brabant Polidori) et même archevêque de Cincinnati : Mgr Joseph CHARTRAND.

Les CHARTRAND n'ont pas oublié leurs origines et les descendants ont cherché à retrouver les traces de leurs ancêtres dans les regsitres anciens et dans le cimetière, mais apparemment sans succès. La famille est persévérante et peut-être qu'un jour, ses démarches aboutiront à créer des liens?

 

 

 

Ils ont marqué l'histoire de la commune

La famille POUYER-QUERTIER,

Augustin POUYER-QUERTIER est né à Etoutteville le 02 septembre 1820. Ses grands-parents sont de simples paysans, mais son père, marié à une demoiselle QUERTIER, fille du maire d'Etoutteville est fabricant de "rouenneries". La famille est alors aisée et Augustin peut suivre des études qui le mènent au baccalauréat. A 21 ans, il prend la tête d'une petite filature à Fleury sur Andelle.

Elu conseiller général en 1852, il franchit rapidement les étapes de la vie politique : maire de Fleury sur Andelle en 1854, député de la première circonscription de la Seine-Inférieure en 1857.

Quelques années plus tard, il crée sur la rive gauche de Rouen la filature de la Foudre, vaste usine qui compte 56 000 broches : c'est le succès en même temps que la fortune. Marié à Blanche DELAMARE, Augustin est père de 2 filles qui deviennent l'une comtesse de la ROCHELAMBERT et l'autre comtesse de LAMBERTYE.

A partir de 1860, la région connaît de graves difficultés dues à la concurrence du textile anglais. Cette situation de libre concurrence du commerce franco-anglais est la cause principale de l'exode rural. POUYER-QUERTIER la combat de toutes ses forces en multipliant les démarches auprès des plus hautes instances, y compris une entrevue avec l'empereur Napoléon III. Il se pose en défenseur du protectionnisme mais il n'est guère écouté.

En 1871, le gouvernement de Thiers lui confie le portefeuille des finances. A cette époque, la France est en grande partie occupée par l'armée prussienne et le 10 mai de cette même année, Thiers signe avec le vainqueur les conditions du traité de paix de Francfort. POUYER-QUERTIER fait partie de la délégation française et c'est dit-on, au cours d'un repas mémorable, en tête-à-tête avec BISMARCK qu'il réussit à faire retirer Belfort et ses environs de l'Alsace que la France devait céder à l'Allemagne.

La raison de ce succès s'explique par le fait qu'un de ses gendres occupe à Belfort un poste important. Quoiqu'il en soit, la ville est sauvée et devient dès lors département français.

En 1885, il perd son siège de député puis en 1891 son siège de sénateur. Découragé , il meurt la même année.

Augustin POUYER-QUERTIER et ses héritiers ont possédé à Ectot plusieurs fermes. On peut citer l'ancienne ferme LEBLIC (exploitation de M. V. LECOUFLE) et les fermes herbagères qui étaient sur la proprièté de MM. MITROCHINE, WAYERE, COUTAZ-REPLAND ainsi que la résidence des chataigniers

   


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Ectot les Baons │ 2009